500 logements à la gare, quel avenir pour Marolles ?

L’aménagement urbain, une compétence locale

« L’urbanisme est l’un des domaines majeurs qui ont été décentralisés aux communes en 1983. Depuis lors, communes et groupements disposent de la compétence de principe en matière de documents d’urbanisme, d’aménagement urbain (ZAC et droits de préemption) ainsi que de permis de construire et d’autorisations et d’actes relatifs à l’occupation ou à l’utilisation du sol. »(1)

En clair, contrairement à certains écrits, la compétence en matière d’aménagement urbain n’est pas régionale mais bel et bien communale, avec la possibilité pour une ville de déléguer certaines actions à l’intercommunalité à laquelle elle appartient. En ce qui concerne Marolles-en-Hurepoix, la compétence en matière de création et réalisation de ZAC (Zone d’Aménagement Concertée) est déléguée à Cœur d’Essonne Agglomération, dont le Vice-Président en charge de l’aménagement est le maire sortant.

L’aménagement du « secteur gare » une réalité !

« Le développement urbain devra s’organiser autour du réseau de gares du territoire. Le potentiel foncier à proximité des gares doit être valorisé en priorité et une attention particulière devra être portée sur ces quartiers de gare »

Extrait du SCOT voté en 2020

Les principes d’urbanisation mis en œuvre sur l’ensemble du territoire de Cœur d’Essonne Agglomération (CDEA) sont cadrés à travers deux documents, le Schéma de Cohérence Territorial (SCOT) et le Plan Local de l’Habitat (PLH). Ces principes doivent être en cohérence avec le Schéma Directeur Régional Île-de-France (SDRIF-E), qui sert de référence à toutes les collectivités franciliennes. Au niveau de la commune de Marolles-en-Hurepoix, les orientations imposées par CDEA doivent se traduire dans le Plan Local d’Urbanisme (PLU). Le projet du « secteur Gare » est donc une réalité, dont l’ampleur (500 nouveaux logements, près de 1 500 nouveaux habitants) modifierait profondément l’équilibre de la commune : circulation accrue, besoins scolaires et périscolaires supplémentaires, pression sur les infrastructures publiques, risques d’artificialisation des sols et perte d’espaces verts. Ce projet a d’ailleurs fait l’objet d’un article en 2022 dans la publication « Cadre de ville », destinée aux professionnels de l’aménagement urbain(2).

« La ville privilégie une croissance démographique maîtrisée et harmonieuse conduisant à une population qui pourrait voisiner les 7 500 habitants à l’horizon des 10-15 prochaines années. »

Extrait du PADD du PLU présenté au Conseil municipal en 2024

Une absence de concertation

À ce jour, aucune véritable consultation des habitants n’a été menée. Deux réunions ont été organisées discrètement au printemps dernier, réunissant environ 40 participants, dont une grande partie d‘élus locaux. Les Marollais n’ont pas été largement associés en amont à ce projet, alors même qu’il bouleverserait durablement leur quotidien. De plus, ces réunions n’ont fait l’objet d’aucun compte-rendu susceptible d’être communiqué aux habitants. Pourtant, la loi impose aux communes d’associer les habitants aux grands choix d’aménagement, notamment lorsqu’ils impactent durablement leur cadre de vie.
« Et vous, avez-vous été consultés ? » c’est la question que nous posons, au nom de tous ceux qui veulent une urbanisation maîtrisée et réfléchie. Nous refusons qu’une décision de cette importance soit prise en toute fin de mandat, par une équipe sortante qui ne rendra plus de comptes après mars 2026.

Notre position : construire ensemble

L’équipe de Nicolas MURAIL a formulé, lors du conseil municipal du 25 septembre 2025, une demande officielle de moratoire. Ce moratoire vise à suspendre toute décision ou engagement concret autour du projet tant qu’une véritable concertation publique n’aura pas eu lieu : suspension de toute procédure de révision du PLU (Plan Local d’Urbanisme). Report des travaux avec Cœur d’Essonne Agglomération et ses organes en charge de l’aménagement urbain (SORGEM et ses filiales, dont le maire sortant est administrateur) après les élections municipales. Aucun engagement contractuel ne devrait être pris qui engagerait les Marollais sur les années à venir ! Notre objectif est simple : bâtir un plan d’aménagement
partagé, fondé sur les besoins réels et la volonté des habitants. Nous ne sommes pas opposés à toute évolution urbaine. Nous refusons simplement qu’elle se fasse sans vision d’ensemble et sans dialogue. Un autre modèle d’aménagement est possible. Construire oui, mais raisonnablement, et en lien avec l’existant. Notre approche repose sur quatre principes :

  • prioriser la réhabilitation et l’optimisation du bâti existant avant de consommer de nouveaux espaces ;
  • garantir des équipements publics adaptés avant toute expansion ;
  • prendre en compte l’impact sur les mobilités et le cadre de vie ;
  • instaurer une méthode participative, associant habitants, associations et acteurs économiques dès la phase de conception.

Le développement de Marolles doit être choisi, pas subi !

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